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Chapitre 1 : Installation

30 juin 2010

(Ce titre est volontairement inspiré de la saga Twilight et de ses titres à deux balles en -tion.)

Oui, Survivor pour commencer ce post. En effet, ma première semaine à Lyon a d'abord relevé de l'horreur, avant d'évoluer vers une résignation courtoise.

PREMIÈRE PARTIE : L'HORREUR

Le périple fut éprouvant. Conscient de ce que toutes les richesses de la civilisation moderne n'ont pas encore pu pénétrer des contrées aussi éloignées, j'avais rempli deux valises, de 20 kilos chacune, de tout l'attirail nécessaire à la survie en milieu hostile et/ou rural. J'avais oublié que même en première classe (ouais, first class, baby, la place était 3€ plus cher qu'en deuxième, alors j'ai pas trop tergiversé), personne ne s'occupe de porter tes bagages. J'ai donc dû mettre mes imposants biceps à contribution tout en ménageant Cédric, ma plante verte, que je ne pouvais décemment laisser seul dans mon jardin. Sans surprise aucune, Cédric s'est mis à fuir, arrosant les autres bagages...

Heureusement, Lyon est une petite ville et l'appartement que je loue est à deux minutes de la gare. Je découvre avec ravissement qu'ils ont le gaz, l'électricité, l'eau courante et même un ascenseur. Mais j'ai vite déchanté. Je sentais bien qu'il manquait quelque chose, mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. Un peu troublé mais sans savoir pourquoi, j'entame une discussion de salutation avec ma colocataire, une autochtone. Elle m'informe des coutumes locales et conclut sur un :

- Ah, au fait, je crois que le coloc' d'avant est reparti avec sa Freebox, donc y a plus Internet.

Ma gorge se noue, j'ai la respiration haletante, je sens que mes jambes flageolent tandis que des larmes montent à mes yeux. Mes oreilles bourdonnent et mes mains tremblent sans que je puisse les contrôler. L'air se raréfie, ma vision se trouble, s'obscurcit. Je sens la nausée m'envahir.

Le Cri, Edvard Munch

Tu te rends quand même compte que je vais donc passer DEUX MOIS sans connexion Internet à domicile ?

ET TU VEUX QUE J'APPRECIE LA PROVINCE ?

Sans plus tarder, j'embarque mon ordinateur portable et je me précipite au McDonald's le plus proche. Ces restaurants sont des sortes d'antennes de la civilisation puisqu'ils te permettent de te connecter gratuitement à Internet via le Wi-Fi. Lire ses mails sur son téléphone, c'est pratique, mais tu tiens pas deux mois comme ça. En même temps, tu tiens pas deux mois à n'aller qu'au McDo' pour te connecter. Je savoure alors un McFlurry au Daim tout en découvrant avec ravissement que les enceintes du "restaurant" diffusent Poker Face (ah ! la civilisation...). Là, je me mets à envisager les différentes solutions qui s'offrent à moi :

1. Rentrer. Mais j'ai abandonné cette idée parce qu'il y a quand même de l'argent à la clé pour ces deux mois de sacrifice.

2. Acquérir une clé 3G+. Idée abandonnée également quand je découvre la montagne de formalités à remplir, le montant des sommes à payer (eh oh les opérateurs : je paie DÉJÀ un forfait Internet à domicile + un forfait mobile ! vous pourriez me faire une fleur, bande de magnats !) et le peu d'heures comprises dans les forfaits. On se croirait revenu à l'aube de l'Internet, quand il fallait encore payer sa connexion à la minute. D'ailleurs, ce n'est même pas une simple croyance, c'est un constat.

3. Pleurnicher auprès de mon proprio. Bon, là, il est au Pérou, mais c'est quand même la solution que j'ai choisie. Je lui ai donc envoyé un mail et il m'a filé des codes FreeWifi. C'est gratuit, du coup, mais c'est quand même grave une arnaque : c'est rapide comme une 2CV et tu galères pour écouter une chanson sur Deezer... Grmbl. #jaimepaslaprovince

DEUXIÈME PARTIE : LA RÉSIGNATION COURTOISE

Il fut plus facile d'accepter mon triste sort avec une connexion Internet, même défaillante. De là, je pus commencer à explorer la ville à l'aide d'une Google Map en mode Street View, préalable nécessaire avant toute exploration physique. J'ai donc arpenté (avec mes pieds) les berges du Rhône et de la Saône, le parc de la Tête d'Or, l'UGC de la Cité Internationale (les autres UGC diffusent les films en VF... brrr...), les grandes places de la Presqu'île, le Vieux Lyon, la Part-Dieu, la Guillotière et la Confluence. Je trouve que c'est déjà bien assez et que mon calvaire mériterait d'être écourté. M'enfin, il me reste encore à gravir les pentes de la Croix-Rousse et de Fourvière, mais j'attends que ma carte de transports soit activée pour ça. Comme si j'allais les faire à pied. LOL, quoi.

Mes premières incursions m'ont permis d'aller à la rencontre d'autochtones. Malgré les faiblesses inhérentes à leur statut de provinciaux, ils sont assez sympathiques et reconnaissent rapidement la supériorité de Paris sur leur bourgade.

Exemple d'une conversation constructive et argumentée :

Moi : - Paris, c'est quand même vachement mieux. Vous avez Lyon-Plage, vous ? Nan.
Eux : - Ouais, mais à Paris, y a plein de gens et c'est trop grand.
Moi : - Pffff. Paris, c'est mieux, c'est tout.

Fin de l'exemple.

J'ai également eu l'occasion de m'asseoir dans quelques bars du hameau (HAHAHA). Pour la peine, j'étais accompagné. Comme chacun sait, je suis, un peu comme les vampires, incapable de pénétrer dans un(e) bar/café/boîte où je n'ai pas été formellement invité à entrer par quelqu'un (cf. mon expérience ratée au Yagg bar : http://bit.ly/aqrlC0 ). Ces moments de convivialité m'ont permis d'apprécier un peu plus les charmes de cette champêtre bourgade.

J'ai également pu prendre le métro', et aussi le tram, et aussi le bus, et aussi le trolley-bus. Pour ce dernier, je suis un peu sceptique : tu sais pas si c'est un tram ou si c'est un bus, c'est une sorte de bâtard hybride où tu sais pas si tu dois appuyer sur le bouton pour t'arrêter (comme dans un bus, quoi) ou s'il s'arrêtera à ta station coûte que coûte (comme un tram, quoi). Au moins, leurs tickets sont valables une heure. Le hic, c'est qu'en principe, t'as pas le droit de réutiliser le même ticket pour le retour. L'astuce de la guichetière devant mon air perplexe : "Prenez une autre ligne pour rentrer !" Typiquement le genre de conseil à ne pas suivre. Avec des idées pareilles, tu te retrouves paumé au milieu de nulle part sans rien comprendre. D'autant plus que ma colo' autochtone m'a appris qu'à Lyon, "il suffit de faire quelques kilomètres et c'est déjà la campagne". Ahem. Elle disait cela avec un air ravi, mais personnellement, cette perspective ne me réjouit guère. Entre les bouses de vache et l'air saturé en pollen, je ne suis définitivement pas fait pour vivre en milieu rural.

Mais je pourrai supporter de vivre à Lyon deux mois. Heureusement que mon iPod et mon ordi' sont là pour me rappeler que là-bas, quelque part, la civilisation perdure...

(Et imaginez bien qu'il me faut bien une demie-heure de chargement avant de pouvoir lire la vidéo en entier, moi, en province. -_-')

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21 Commentaires sur “Chapitre 1 : Installation”

  1. Rhooo nan mais franchement Lyon c’est pas si naze que ça, rhooo…

    Faut aller au parc de la Tête d’Or, se balader sur les quais (le jour ou la nuit), ou marcher à la Croix Rousse.

    Le must selon moi reste quand même Fourvière by night avec sa vue superbe sur la ville, et pour que tes gambettes ressemblent à tes biceps tu n’auras qu’à tenter l’ascension par les vieux escaliers… en courant!

  2. Pauvre chou. Je te comprends aisément.

    J’ai débarqué dans mon bled avec 3 valises pleines à ras bord, voyagé en first, et comme toi personne pour me donner un coup de main. Les valeurs capitalistes/la politesse se perdent.

    Je viens à peine d’avoir la connexion internet à la maison…512 Mo, on appele ça du HAUT DEBIT ici. WTF?

    Tu n’as pas encore finis de larmoyer. Attends que ta coloc te pique des choses dans le frigo l’air de rien. Quand tu as la dalle à 1h du mat et que tes pots de yaourts ont disparus, ça la fout mal.

    Du courage, 2 mois c’est vite passé. et si tu craques, poses un rtt un vendredi et fonce à Paris pour un week end, c’est revigorant.

  3. Tous ces transports en commun ? Mais Lyon est une ville d’avenir… T’as pas encore essayé leurs vélib’ (j’ai oublié le nom, pfff, Lyon m’eut connu, moi aussi) ?

    Bises à Cédric et courage à toi, vilain garnement ^^

  4. Courage ! En attendant tes aventures me font bien rire (oui je suis cruelle et j’assume :D )

  5. Roooh, on dirait des Lettres persanes écrites par un Montesquieu de mauvaise foi ! Il te faudrait peut-être simplement un doigt de débrouillardise, non, pour parvenir à un « III. La province surpasse Paris, j’y pose mes valises définitivement » ?

    Allez, bon courage… ;)

  6. [...] Chapitre 1: Installation Cela sera l’un des feuilletons de l’été. CarltonJ, notre yaggeur apprenti-journaliste, est en stage deux mois à Lyon. Et c’est tout sauf triste. Le post le plus drôle de la semaine. [...]

  7. ca m’a bien fait rire…
    en meme temps lyon est une ville geniale, je suis sure que tu vas t’y faire ;)

  8. Aaaahhh j’adore, ça m’a fait beaucoup rire. Ami(e)s lyonnais(es) je vous aime et meme si votre ville est petite, elle n’en demeure pas moins charmante. Les vélos publics à lyon, c’est les Vélo’v (sont romantiques en plus lol, mouais).
    Pour le trolley-bus, j’avoue qu’il faut s’habituer au bruit aussi.

  9. Je vote pour l’autodérision à la Carlton :-)

  10. @Meade : Je ne fais pas encore assez confiance à la police lyonnaise pour me balader seul la nuit sur les sombres collines boisées de Fourvière. Si seulement un beau mâle, fort, grand et puissant pouvait y assurer ma sécurité…*clin d’œil*

    @Opprime : Tant que mes colocs ne touchent pas à mon Nutella et à mon pain de mie Jacquet Nature, ils devraient s’en sortir vivants. Après, je ne réponds pas de mes actes, ils l’auront bien cherché, non mais oh.

    @Harry : Non, je ne suis pas encore monté à bord des Velo’V. Le Tour de France m’a traumatisé quand j’étais petit. Mais Cédric te remercie amplement pour cette délicate marque d’attention.

    @Red : Merci Red, comme quoi, à quelque chose malheur est bon. En fait, pour supporter Lyon, il me faudrait un comique à disposition. S’il pouvait en plus assurer ma sécurité (cf. plus haut), ce serait parfait.

    @Septembre : Mauvaise foi, mauvaise foi… Tout ce que j’écris est strictement vrai, à l’exception évidente des emphases stylistiques, mais la vérité est respectée dans l’esprit, dirons-nous. :’D Le grand III que tu appelles de tes vœux ne verra jamais le jour, en revanche. Je suis né à Paris, ce serait renier la ville qui m’a vu naître.

    @Yiu : Pareil que pour @Red, même si je pense qu’il faudrait ouvrir un débat sur l’utilisation de l’adjectif « géniale » pour qualifier Lyon.

    @Caro : Ben étrangement, c’est le bruit qui me plaît le plus à Lyon. Ça change des autres villes de province, désespérément silencieuses et dans lesquelles des monstres sont tapis dans le silence. Là, il y a de la lumière, il y a du bruit… Ça me rappelle Paris… *nostalgie*

    @Céline L : C’est là la simple application du principe fondamental « Bien ordonné commence par soi-même ». :’D

  11. Grrr Moi je suis un ex parisien et nouveau lyonnais depuis 2 ans, et crois moi Paris c’est de la merde et Lyon la plus belle ville de France !

    Tu vas vite t’y faire et tu pourras plus en partir ! Et pour le WIFI, achète une box… c’est rapide à installer et tu as du haut débit …

  12. moi je conseille à carltonj la terasse du broc’bar le soir à l’heure de l’apéro pour être conquis définitivement !

  13. Je suis d’accord avec Maxence, Lyon est une belle ville, avec un quartier historique style Renaissance, parfait pour les Kiss-in, et en plus je pense que pour les garçons, il y a plein de bars, de boîtes et de lieux de drague. Alors que pour les filles, depuis qu’on a plus le bar « Le Damier », c’est un peu difficile de trouver un bar de filles qui tienne plus de six mois. Mais, lors de la visite de Shamim Sarif, j’en ai trouvé un qui est sympa, le Domaine Bar et à coté elles m’ont indiqué une boîte gay qui s’appelle… LE MARAIS !

  14. @Maxence : Tu dis n’importe quoi. Nous au moins, tous nos UGC passent des films en VO. Et je suis sûr que tu parles de Paris dans le Tennessee (http://bit.ly/akGxaM ). Je ne reste que jusqu’à la fin du mois d’août : je ne m’engagerai pas pour avoir une box.

    @Bolito : J’ai trop peur de m’y aventurer seul. Et si des gens venaient me parler ?! *angoisse existentielle*

    @pandadusiam : Oui, je suis passé devant le Marais. J’y ai évidemment déposé une gerbe en souvenir de mon Marais à moi. Où je ne fréquente que le Starbucks.

  15. [...] à Lyon, dans cette bourgade reculée ville ensoleillée. Première vraie semaine, parce qu’avant, je n’étais qu’un simple touriste ici. Pas d’attache, pas d’obligation, [...]

  16. [...] en cela, les conseils que @Bolito m’avait prodigués ici, nous nous trouvions à la terrasse du Broc’bar. Mon guide-autochtone discutions paisiblement [...]

  17. Cher Carlton,

    Ton récit m’a beaucoup touché….
    Difficile pour un poulet de batterie de sortir de son petit train-train quotidien parisien …..

  18. @olivier-Lyon : Je suis heureux qu’un poulet fermier ait pu être ému à la lecture de ces lignes.

  19. Cher Carlton ..

    Non, un poulet de batterie n’est pas un poulet fermier.
    Alors je t’explique en quelques lignes.
    Il existe 3 sortes de poulet
    - le poulet de batterie (industriel et gavé aux hormones). C’est celui que tu vas retrouver chez Mac Do, KFC ou encore dans les barquettes Père Dodu

    - Le poulet fermier (avec un parcours en plein air) A priori en meilleure forme que le poulet de batterie (et plus cher)

    - Enfin le poulet bio. Pareil que le poulet fermier, mais nourri sans OGM et cochonneries de ce genre. C’est le poulet mangé par José Bové (lol)

    A bientoto

  20. @olivier-Lyon… : Je crois que nous nous sommes mal compris. C’est toi que je qualifiais de poulet fermier. Mais tu voudrais peut-être rejoindre le groupe des poulets bio’ ?

  21. APpRbC lzwqjkjwvjpi

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